Dédicace délicate

Dédicace délicate

Je pose le plat de ma main sur toi, tu es là, enchantement

J' écoute tes mots, hésitants, entre rires et hurlements

Je t'observe, si fragile qu' au subtil parfum d'une femme, tu t'alarmes,

Qu'aux merveilleuses lèvres déposées dans ton cou, tu t'agites,

Je t'envie, de cette délicatesse désarmante, à la vue d'une sirène

Moi qui t'ai senti grandir, dans l' aridité du non amour,

Puis combattre dans la sècheresse de liens éphémères,

Puis mourir parfois dans la solitude de corps devenus vides,

Puis renaitre au croisement d'un sourire enfin capté,

Puis agrippé à la vie comme le nourrisson au sein de sa mère,

Tu t'es donné sans compter dans tes premiers battements, saccadés mais vivants

Que j'ai détesté cette armure à couper ta chair, au plus profond,

Que j'ai pu maudire ces trahisons, aveuglé que tu étais, par l'éclair de l'espoir,

Que j'ai aimé, adoré, applaudi, tes tentatives essoufflées pour agripper des mains,

Tes masques tombés, ta carapace brulée vive par des feus anonymes,

Te voilà si fragile et aimé à la fois, à la merci de tous les cœurs avides

Et c'est comme cela que je t'aime, dans la pureté sensible d'un enfant abimé,

Qui n'a plus peur des caprices et des bosses, ni des démons, ni des avares,

Qui se laisse inviter par tant de beauté rencontrée, abuser parfois, car encore aveugle..

Mais je te préfère borgne qu' acide, en alerte à chaque clin d'œil du destin...

Je te sais fondre à chaque rencontre hasardeuse, promesse d'une histoire merveilleuse,

Méfie toi de la carapace de l 'Autre que toi même portait il y a peu,

Caresse là pour en extraire ses aspérités, et tu verras apparaître la pureté de son âme.

Il n' y a rien que je regrette de ce passé orphelin, rien que je condamne,

Lui qui a fait naitre cette sensibilité encore douloureuse, naïve, et convalescente

Pas une seconde ne serait échangée, négociée, vendue,

Je paie cash l'apprentissage de cette Vie, je m'engouffre affamée

Dans des amours devenus des impasses, épingles à cheveux, cul de sac

Pour bientôt, je le sens, serrer contre toi le bonheur infini de s'être enfin rencontré....

Ces lignes sont pour toi, mon cœur de porcelaine, posé dans le haut de mon corps,

Par un acte d'amour que deux êtres si chers un jour ont bien voulu faire....

Retour à l'accueil