Ce soir...

Ce soir...

La rage s'empare de ma quiétude,

Passagère clandestine du moment présent,

Tout autours de moi s'agite, visages marqués, placides, sans vie,

Il n'y a rien ici que je ne puisse saisir, pas le moindre silence gage de réconfort,

Rien dont je ne puisse m'envelopper, juste un vide, l'effet d'une bombe non dégoupillée...

L'impuissance de ce moment me donne envie d'hurler, d' abattre, de découper, d'arracher

Ce trop plein d'amertume, ce voile invisible qui me scie le cœur

Cette détresse d'un soir, comme une bouteille à la mer, n'aura aucun écho

Aucune oreille, tranchante et pénétrante, de ce qui respirait hier l'espoir de vie...

Je griffonne vite, mal, des mots maladroits, les uns derrière les autres,

Culbutant la ponctuation, limitant les espaces, pas de place à la respiration...

Tout est urgent à dire, à déglutir, comme une purge d'une rare violence ...

Je n'irais nulle part avec cette rage là, l'impasse est promise,

Aucune écoute bienveillante n'en voudrait, c'est une poudrière empoisonnée...

J'ai mal de mes phrases chaotiques, hésitantes, ces lignes dansantes,

Les émotions s'enchainent, se percutent, s'ignorent, s'éparpillent

Et le poids de ma solitude me donne la nausée....

Ce soir sera noir, sera vide, colère, haine et violence....

Il sera l'exact reflet de ce que je voulais qu'il soit...

Un auteur dont j'ai oublié le nom disait à peu prés ça:

dans ma vie j'ai connu beaucoup de drames, de misères, et très peu d'entre eux ont existé...

c'est un peu moi ce soir...

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