le souffle de l'Espoir

Envie d'écrire sur Toi, ce soir, toi, Espoir, car je t'aime et parfois te déteste, te sacralise, ou t'enverrai bien en enfer....

Jaune paille, jaune pâle, jaune vif,

Rouge écarlate, rouge merveille, rouge honte et colère,

Bleu encre, ancrage, bleu nuit, étoiles, bleu océan, sel acide,

Blanc, capitulation, blanc neige, Himalaya, blanc sucre, saveur addictive

Mais de quelle couleur es-tu vraiment...

Flamme fluette, haute et fière, ou épaisse, confiante et armée

Brulante de joie, de fièvre, de lettres et poèmes

Ou brulante de peurs, chancelante, ivre et laborieuse

Douce comme le miel sur mes lèvres ou piquante, épices en surdose

Rayonnante dans l'espace infini ou titubante, fébrile, gangrène du doute

Planquée dans un luxueux bougeoir ou plaquée au hasard sur un support de fortune

Illuminée de prières divines ou laissée à l'abandon, engluée de cire sèche

Mais qui es-tu vraiment.....

Mes mains s'enroulent autours de toi,

Et trop proche, ma peau se brule

Trop éloignées, elles s'engorgent de froid, se raidissent, se vident

Trouver leur juste place, la bonne mesure, le bon tempo des mots

Ceux qui caressent et qui rendent chaque minute délicate

Ne pas envahir, encombrer l'espace où dorment les briquets

Ne pas vouloir raviver à la moindre défaillance,

Le temps n'est pas encore au souffle chaud pour relancer la flamme...

Parfois, tu te sacrifies, tu te suicides, tu sautes dans le vide, tu m'abandonnes,

De mes doigts empruntés, transpirants, je craque une allumette

Qui se casse, se dérobe, alors je recommence, infatigable,

Jusqu'à ton accouchement, vif, multi-color, multi-chance, multi-espoir

Je peux alors te prendre, toucher, caresser, sans crainte des plaies

Car lorsque ma tête se lève à nouveau, s'élève,

Que mes yeux croisent le ciel étoilé, la lune en morceaux,

Je sens la vie reprendre sa place, les mots, dans les bonnes phrases,

Les soupirs sur les bonnes portées, les regards dans les bons yeux,

Mes mots vers les bons cœurs...

Que cet espoir, telle une agrafe sur le coin de deux pages,

Scelle le destin que je m'applique à traverser

La lueur de la flamme devient alors immortelle, flamboyante, jouisseuse,

Une lueur en lévitation, suspension buvable, parachutée du ciel

Comme l'infinie lumière dont j'avais besoin enfant pour m'endormir

L'espoir, terre de feu ou mare de glace, instabilité permanente,

Entre deux marées, entre deux creux, entre deux eaux,

Fond de cuve ou fonds marins, je titube et m' émerveille

A moi le choix des frontières, de l'enfer ou la rédemption

Espoir, je t'aime et t' adore et t'adopte et t'admire

Pour la vie que tu fais couler à chacun de mes souffles

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