Un Festival d'émotions

Je me suis assise prés de cette table, à l'ombre d'un marronnier, et déjà un profond sentiment de bien être, je m'inspire de cette ambiance festive, je me laisse engloutir par ce calme apparent...l'odeur du café réjouit mes sens, je tourne la cuillère d'une façon effrénée, sans me rendre compte que je n'y ai mis aucun sucre...

Je happe, à la sauvette, des brides de conversations, le cri des cigales en toile de fond, je m'enfonce dans ma chaise, et je savoure....dans la lenteur du moment présent, la vie qui claque, la vie qui vibre...

Je jette mon dévolu sur le programme de la journée, coche, rature, décoche, me gratte la tête, un voisin m'interpelle, me demande mes coups de cœur, mes coups de gueule, je me sens hésitante dans les récits que je fais, oubliant titres et acteurs....

J'aime ce rythme lent du matin, avant la chaleur étouffante, les bousculades, les odeurs de sueurs dans les files d'attente, le stress d'arriver en retard...tout ce folklore unique et presqu'addictif !!

Chaque moment vécu, partagé, est un kaléidoscope émotionnel, rivé entre rires et larmes, que je traverse, accepte, réclame, assume, recherche, adore...

Ces secondes, minutes, heures passées avec Toi, désarmantes de simplicité, me chamboulent, m'assiègent, creusent en moi une rigole de bien être, proche d'un bonheur innocent....je suis comme un tableau bariolé d'une multitude de couleurs, je suis le peintre, palette en main, hésitant et fou à la fois, je suis la toile, épaisse et fragile, tenace, je suis les pinceaux, doux et créatifs, je suis les peintures à l'huile, indélébiles et pétillantes, fières d'être là, je suis tout cela à la fois....

Et ce conteur, aux mots arrondis, tièdes et brulants, si vifs, si vrais, que j'ai engloutis, parfois en larme...

Et ce danseur, léger comme une plume, qui vole, et tombe, et rampe, que j'aurais tant aimé accompagné dans ces envolés...

Et ces musiciens, leurs mains parfaites, douces, caressantes, qui font vibrer mes oreilles d'une émotion palpitante,

Et ces acteurs, de fous rires en larmes, de cris en éruptions plaintives, la chair de poule à porté de voix....

Et ces corps qui s'enlacent, se frôlent, se font l' amour à distance, chaque mouvement est un poème....

Et ce conte pour enfants, dans ma naïveté lointaine, qui me craquelle, qui me fendille, et je vacille....

Et cette voix, à capella, qui sonne dans mon ventre comme les orgues d'une cathédrale, je ferme les yeux pour mieux me faire assiéger, envahir...

Et Toi, avec qui je partage tout ça, Toi, dans la lenteur de ce Festival, tu es l'ultime pièce de ce puzzle parfait....

Les Anges sont partout, délicate attention de la Vie....mais qui dois je remercier ?

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