le 18 octobre...

Ce 18 octobre, tu aurais eu 80 ans. Le crane dégarni, des mains fébriles sans doute, des pas hésitants, un corps moins robuste, une démarche moins fringuante...

Et j'imagine, toujours cette machoire entière, ce regard fulgurant, génant parfois, intimidant, ce visage carré, volontaire, charpente de toute ton histoire...

C'est tout ce que je parviens à décrire. Te décrire. Une page presque blanche. Terriblement vierge. Angoissante transparence...

Aujourd'hui. tenter d'écrire, un peu de toi, un minuscule morceau de toi, un infime paragraphe de ce qui aurait pu être une plus longue vie. La tienne, stoppée net. La foudre dans nos coeurs, une foudre restée muette, transie de chagrin, et qui se repait de nos silences.

La foudre dont on ne se remet jamais vraiment, puisque le temps passe, et on oublie qu'il passe, sans toi....car tu es là, immensement là,  dans chaque pas que la vie me fait faire...

Etrange sensation que cette présence en pointillée, si pesante parfois, quand il s'agit de déployer mes ailes, signées, paraphées de ta main...ton empreinte dans mon ADN, tourbillons du passé, les deux pieds dans le même caniveau, en équilibre instable...

Aujourd'hui. Je porte la marque indélébile de ce qui me rattache à toi, et lorsque mes yeux se posent sur celui que tu as été, je me vois, je me respire, je souffre de ton absence...

Quand mon regard tente de deviner celui que tu pourrais être, rien ne se produit, rien ne se crée, pas le moindre début d'une esquisse, d'une histoire....20 ans de vie à tes cotés, et si peu à décrire, quelle plaisanterie....

Il me reste de toi des fragments, des raccourcis, des débuts sans les fins, quleques échantillons de celui que tu étais profondement, intensement, secretement...

A certains moments de mes heures perdues, je murmure les mots d'amour que j'aurais tant voulu lire sur tes lèvres, j'imagine les frissons de mon corps s'il avait été encerclé de tes bras, je savoure ce qui aurait pu être la chaleur de ta main dans la mienne !

Le jour de ces 80 ans, j'aurais certainement pris le temps de venir t'embrasser, de poser sur toi un regard fier, aimant, nous aurions pris des photos, témoins de l'instant , nous aurions ri, et la vie pouvait continuer tranquillement, comme dans cet album de famille à construire...

En ce 18 octobre 2015, me yeux se dirigeront vers toi, vers cette photo que j'aime tant, vers ce qui aurait pu être une formidable aventure...vers ce lien énigmatique et omniprésent....

 

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