Pour l'amour d'une Maman

Quoi de plus singulier que l'image d'une maman et de son enfant,

Accroché, Agrippé, attaché...

Quoi de plus énigmatique que ce lien si particulier,

Celui qui relie à vie...qui part de l'intérieur du ventre...

Chaleur, refuge, confort, abris,

Lorsqu'elle pose ses mains sur lui, caressantes, amoureuses,

Lorsqu'elle accepte tous ces silences afin de mieux capter

Le moindre soupir, la moindre source, souffle de vie,

Lorsqu'elle apaise son corps, se pose, pour sentir, ressentir,

La profondeur de l'Autre, son intérieur, son intimité naissante...

9 mois de complicité, synchronicité bienveillante, fusion absolue,

Le même sang, les mêmes cellules qui s'entrelacent, s'entrechoquent,

Se lient, se déploient et s'entraident, se nourrissent, solidaires....

Et un jour, la sortie, violente, brutale, l'agression de l'air sur sa peau,

Des sons dans son crâne, la vraie vie qui déjà heurte, cabosse, abime...

Comment imaginer l'intensité de cette douleur extrême des premières secondes ?

Qui pour l'accueillir ? pour l'adoucir ? la faire taire...

Les mains de maman. Grandes et pleines.

Les yeux de maman. Si beaux, clairs, profonds.

Le sourire de maman, éclatant, puissant, fulgurant.

Le corps de maman, chaud, rond, ouvert.

Et ses gestes, protecteurs, attentionnés, voluptueux,

Et ses mots, qui enveloppent, remplissent, et son souffle...

Parfois, plus tard, les confrontations, les chahuts, bousculades,

Mais éternellement, cette attache de ce qui nous rattache à la terre,

Aux autres, à nous même, à l'univers tout entier.

Cette maman là, que l'on voudrait immortelle, comme on l'aime...

Et dans une quête incessante, on la cherche, partout,

Dans nos rêves d'enfants, dans nos amours d'adultes, nos désamours,

Dans nos croisades, nos colères et nos violences,

Dans ce que nous avons de plus obscur, de plus fragile..

Elle est là, majestueuse, immensément imposante, inaccessible,

Elle est là, intouchable, vénérée, dans nos pas et nos reculades,

Nos larmes et nos renoncements, nos pardons et actes manqués.

Cette maman, source de ce que nous sommes devenus,

Entre abondance et privations, passion et rupture,

Etouffement et exemplarité, elle est tout cela à la fois,

La mer et le ciel, le feu et la glace, l'ange et le démon....

Et même celui-là, il nous arrive de l'aimer...

Puis un jour, la réparation, l'urgence de la réparation,

Le lien reconfiguré, la réunification, la rencontre officielle...

Un jour tout reprend sa place, le langage des cœurs, le passé s'effiloche,

Et nos pieds se mettent dans le sens de la marche, re-naissance d'un lien bafoué...

Je dédie ces quelques lignes à cette Maman que je porte à mon tour,

Que j'aime d'un amour inconditionnel, infini,

Et sans laquelle rien n'aurait pu exister.

Photo: Maman tibétaine et son enfant

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