A venir...

Mont Ventoux, contours parfaits, de mon siège multicolore, wagon n°6.

Plein soleil, ciel azur, quelques brisures, çà et là.

Cimes enneigées, pleines elles aussi, d'un blanc candide. Neuf.

On dirait que le bleu veut prendre toute la place, prendre sa place...

Majestueux de douceur, si complice avec le rouge du cœur,

On dirait qu'il veut gommer quelque chose, ou arrondir les angles.

Trop coupantes, tranchantes, des montagnes pigmentées,

On dirait qu'il recommence à respirer, transpirer,

Après 12 mois en apnée, camouflé au fond d'un trou d'air...

Je le sens pousser au delà des lignes de l'horizon la tristesse passée,

Je le sens se redresser, relever la tête, pointer son regard au delà des hauteurs,

Je sens à l'intérieur de mes veines une puissance en vie,

Se rassembler après les brisures, se remettre en marche, entrevoir une porte de sortie...

Que ce ciel pousse tendrement cette année vers une nouvelle ère,

Qu'il me reste les souvenirs de l'effroi, la colère gangreneuse,

Le tumulte du cœur, l'absence d'un sens à la Vie, la rage de l'impuissance,

Le vide l'absence, le manque du corps de l'Autre,

Qu'il me reste aussi l'espoir du retour, la chaleur des regards,

La douceur des lèvres déposées, les étreintes silencieuses,

Les joies du partage, la tendresse d'une présence, l'amour de l'envie,

Qu'il me reste l'espoir de nouveaux pas, même transits, hésitants,

A la quête d'un chemin à construire.

Qu'il nous reste la conviction d'un avenir ensemble...

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