Des flammes et des braises...

Celles d'un tête à tête, d'un premier rendez-vous, ou d'un fol amour,

Celles d'un briquet de fortune, pour des cigarettes jamais fumées,

Celles des allumettes incassables, odeur de souffre, doigts noircis d'avoir trop attendu,

Celles d'un feu de camp, feu de joie, feu dans le corps,

Celles de cette cheminée, qui sort d'un long sommeil, nous livre ses plus belles partitions,

Celles de l'espoir, rebelles parfois, indomptables, qui s'effilochent à l'approche de mes doigts,

La mise à distance s'impose, juste les observer, danser, séduction garantie, bouleversantes...

Flammes hypnotiques, mes yeux écarquillés ne peuvent regarder ailleurs,

Parfois en pleine nuit, elles viennent se poser à coté de moi,

Pour une conversation d'un autre temps, si prés des cieux, tourbillon enchanteur...

Lorsque je ferme mes yeux, l'horizon se perd, les frontières disparaissent,

Sous l'effet de la température, les verrous explosent, et l'espace immense s'offre à mes bras.

Au petit matin, la braise a laissé ses empreintes odorantes, en écho à ces instants d'absolus,

Que le temps a bien voulu nous offrir, sur notre plateau d'argent, épinglée dans nos cœurs...

Tel un souffle d'espoir sur mon visage attendri par tant de souvenirs,

Le feu, c'est la promesse de l'amour de l' Autre,

La flamme, c'est les preuves de l'amour, les pensées qu'on porte, qui nous portent,

Nous transportent, la quiétude des mains qui se croisent, l'égard à portée de nos yeux...

D'ailleurs, comment vont ces yeux ? ses yeux ? brillants de joie ou embués de tristesse,

Joueurs et coquins, inquiets et nostalgiques, ses yeux sont l'intérieur de son cœur...

Les flammes parfois s' effleurent, se touchent, se méfient, se bagarrent,

Comme pour avoir la meilleure place, se marient pour le meilleur et pour le pire...

Entretenir les braises comme on entretient l'amour, on y est attentives,

Et si la peau de mes doigts se brule, c'est que je me serais trop approchée,

Un peu comme les histoires du passé qui nourrissent le présent,

A ces allumettes devenues trop cassantes et qui se brisent,

A ces doigts trop longtemps frileux ou pressants,

Les amours du passé servent au feu de joie du présent.

Synchronicité des âmes, il n'y a plus rien d'urgent à vivre,

Si ce n'est l'amour à donner et celui à recevoir...

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