Emotions...dédicaces...

En vrac, un peu comme ces pierres, posées, déposées à même le sol...

Un semblant d'ordre dans cet amas de minéraux, un semblant d'âme,

En vrac, comme peut l'être un paysage après un orage fulgurant,

J'étais en vrac et en même temps, mon cœur en alerte, debout, palpitant...

Les premières vagues assommantes ont eu lieu il y a 4 jours,

C'était un vendredi après midi, dans les transports en commun,

Entre ma valise et mon sac à dos, les écouteurs plantés dans les oreilles,

J'observe sans les entendre, un couple se parler, si tendrement,

J'observe sa main se poser dans son dos , ses yeux tristes, à elle,

Ses yeux inquiets, à lui, et sa douceur aussi, dans ses gestes,

Sa façon de la consoler, j'observe sa bouche, qui voudrait embrasser,

Ses lèvres qui se veulent bienveillantes, amoureuses sans doute,

A coté d'eux, un enfant qui pleure, s'agite, demande de l'attention,

Des larmes de crocodiles sur ses joues, j'aimerai l'entourer de mes bras

Car je les sens si loin de sa détresse, dans leur bulle d'adultes à problème,

Je les sens si préoccupés, eux aussi les larmes sur les joues, pour d'autres raisons...

J'aimerai le consoler, lui dire que rien ne change, l'amour est là, il va revenir...

J'enlève mes écouteurs, j'ai l'impression de violer une intimité alors je les remets, gênée,

L'enfant pleure de plus en plus fort, j'ai mal dans mon corps de cette impuissance,

Les larmes coulent, la tristesse est contagieuse, la tristesse est voyageuse...

Nous descendons à la même station, je les observe toujours, agités, et puis les perds de vue....

La seconde vague, plus assommante, eut lieu samedi après midi,

Un véritable tsunami, que tu nous racontes, si précisément, lentement,

Entre 2 averses de larmes, entre 4 sanglots, entre 2 apnées, entre une vie et une mort,

Et moi, moi j'aimerai mettre mes mains sur mes oreilles, ne plus entendre,

Ne pas savoir la fin de l'histoire, il ne peut pas y avoir de fin,

C'est un faux samedi après midi, c'est un faux récit, ce sont des fausses larmes,

Tout est faux, je le veux, je serre mes poings, et je sens mes ongles dans leur creux,

Mais non, Tout est vrai, tout est réel, cette mort que tu nous contes, mes yeux l'avalent,

Ma bouche se resserre, ma gorge s'enflamme, mon ventre me fait mal,

Mes jambes se raidissent, les larmes dévalent une pente vertigineuse,

Il n'y a rien pour les arrêter, je laisse filer ce torrent émotionnel, tout est en vrac,

Je me sens perdue dans ce récit qui n'est pas le mien, et pourtant, le cœur à vif...

J'aimerai te prendre dans mes bras, alléger cette peine, cet inconcevable drame,

Je suis marquée au fer rouge de ce "jamais plus" qui me transperce le ventre...

Depuis ce jour là, le soir avant de m'endormir, et dans la journée, discrètement,

La photo de Stéphane s'invite devant mes yeux, et sa douceur me fait chavirer...

Mon cœur était en vrac, à chaque fois, et il était en vie aussi,

Empli d'amour et de fragilité, de sensibilité et d'humanité...

Il n'est plus de pierre, il est de sucre, il est de vanille, il est de miel,

Il n'est pas seul, il n'est plus seul, lorsqu'il dépose à ciel ouvert ses blessures,

Et que des mains se tendent, un cœur l'écoute, l'amour fait le reste....

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