Dixit...a dit....
Dixit...a dit....

Je suis dans mon TGV qui m’amène un peu hors de mes frontières, la Belgique.

A vrai dire, je n'en ai pas vraiment envie, alors je décide de faire de mon voyage un vrai voyage ; et j’ai pris avec moi quelques cartes du fameux jeu Dixit, je laisse mon imaginaire faire la suite…

Un train de couleur mauve, mauve comme les champs de lavande dont les parfums m’éclaboussent au visage; mauve comme la peau d’une aubergine qui s’invite dans un plat, que mes papilles gardent en mémoire comme une faveur amoureuse…mauve comme la couleur du papier de chocolat au lait que mon arrière-grand-mère me donnait parfois en cachette, plus que le gout, il m’en reste l’odeur de cette pièce et de son visage doux…

A chaque fenêtre de ce train, un paysage différent, un hymne à l’aventure, à la découverte, à la diversité, je m’évade d’un lieu à l’autre, du mont Ventoux sous la neige avec un soleil plein de promesses aux cimes blanchie par les glaciers des montagnes immortelles, mon cœur palpite à l’idée de les revoir, la nostalgie ne tarde pas à m’envahir…puis je vois aussi des barres HLM d’une cité hors du temps, hors de la ville , hors de la « norme » dans lesquelles j’aimais aller adolescente, pour rejoindre ma meilleure amie, ma première source de réconfort…si je continue la route, je traverse des champs à perte de vue, multicolores, du vert pour le maïs, du jaune pour les blés, du rouge pour le coquelicot, et je m’arrête sur le jaune, lorsque j’arrachai les épis de blé au détours de mes balades solitaires en Bretagne, pendant les vacances d’été…puis le rouge, pour cette fleur préférée de l’être aimé …je m’engouffre dans un troisième wagon, je rencontre Liu, sur ce fil tendu, son conducteur, son guide, son chemin spirituel.

Liu est une jolie petite fille née dans un petit village au fin fond de la Chine et lorsqu’elle s’ennuie, elle s’entraine à trouver l’équilibre de sa vie, de son corps, de son esprit ; Elle transporte dans chacune de ses mains le trésor de son enfance, de ses souffrances, de ses bonheurs, de ces instants oubliés et de ses espoirs ; elle tente à chaque pas de les faire revivre, à sa façon, de les faire revenir dans son corps presque adulte pour qu’il en garde les parfums de l’insouciance.

Au-dessus de sa tête, un cerisier en fleurs, majestueux, protecteur et symbole de la vie joyeuse, de la vie colorée, de la vie qui se déguste gorgée par gorgée, comme un goutte à goutte…

Elle ne sait pas vers quelle destination ce fil tendu va la mener, elle s’efforce juste de maintenir l’équilibre, de l’intérieur vers l’extérieur, du passé vers le futur, pour vivre le présent comme on savoure un bonbon enrobé d’un miel au gout éternel…

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