Des lèvres déposées...

Y déposer mes lèvres. Par petites touches. Effleurements.

Caresses sur mes yeux, je stoppe mon ascension.

Des bouquets, à fleur d'eau, des grappes de coton,

Le moindre souffle d'air, et elles quittent l'objectif de mon appareil,

Balançoire naturelle, elles dandinent, se jouent des rafales, et ne plient pas.

De la douceur à profusion, ne pas cueillir, ne pas abimer, juste accueillir,

Ce que la nature nous offre en cadeau tout au long du chemin...

Parfois, je les aimerai avec des épines, fièrement dressées,

Celles qui écorchent, qui blessent et trouent ma peau,

Celles qui se vengent, laissent une trace, une signature...

D'ailleurs quelle trace je laisse, moi, derrière mes pas,

Mes tout petits pas, mes centimètres minuscules, indicibles, invisibles ?

Que restera t'il après mon passage, lorsque la pluie et le vent et la neige

Auront fait tout disparaître ? des cailloux de poussière et des cairns impassibles,

Des amas de sueurs et des souvenirs empilés, des battements de cœur

Et des yeux torpillés, tant de beauté en si peu d'espace...

"Qui es tu quand personne ne te regarde",

La montagne n'a nul besoin de regards posés pour exister

Et c'est bien la seule à pouvoir se payer ce luxe là....

Lui ai je déjà dit que je l'aimais de façon non raisonnable...?

Retour à l'accueil