Est ce toujours là, en moi ?
Est ce toujours là, en moi ?

Ces derniers temps, je me suis souvent posée la question. Es tu encore là, TOI, plantée au creux de mes illusions ? le doute m'étreint, culpabilisant, le doute m'habite, frileux mais vivant...

Je m'ausculte, je me palpe, introspection médicale méticuleuse, le cœur, la tête, chaque partie de mon corps, tout est en place, à la bonne place ?

N'y aurait il pas à quelques encablures de là, quelques tensions, quelques nœuds, oubliés par les années qui passent, négliges par des obligations infligées ?

Le mieux est de scanner tout cela au microscope, la vérité à l'état brut, la seule qui ne soit contestable...

Je prends de ce pas ma voiture, la route est étroite, sinueuse, des plaques blanches s'y sont invitées, je ralentis l'allure, un peu d'appréhension...il n'y a pas d'urgence, pas d'urgence, pas d'urgence, je lève le pied...le microscope peut bien attendre...

Mes yeux quittent ce goudron frissonnant de froid, et j'aperçois cette lumière d'hiver qui me perce les pupilles, j'ouvre la bouche, je la happe, je l'engloutis, je croque son énergie.

Me voilà arrivée, un grand parking jonché de voitures, que j'avais espéré vide...ne serais  je donc pas la seule à douter ?

Avant de m'extirper de mon bolide, je regarde le thermomètre, il affiche moins trois degrés...

Je descends à tâtons le chemin en pente qui me sépare de mon rendez-vous, la peur de glisser rend mes pas hésitants, je sens s'engouffrer en moi le vent glacial, mes joues se peignent en rose...

Une couche de neige a recouvert ce lieu magnifique, mes yeux éblouis sont comme ceux d'un enfant qui délivrent ses cadeaux de leur papier...

Mon cœur palpite, oublie le froid, le vent, pousse fermement la grande porte d'entrée, l'immersion s'invite à l'intérieur de moi, bientôt je saurais, mais je sais déjà...

Je prend place sur un fauteuil confortable, une couverture prête à me réchauffer au cas où, j'observe les lieux, je décrypte, décompose, je découpe chaque morceau de cette pièce, à l'écoute d'un moindre son, mes narines se perdent dans des odeurs connues, aimées, mon esprit capte tout, s'affranchit de tout, et part en voyage...

Le microscope est géant, face à moi, deux loupes bleues à la place des yeux, son regard puissant pénètre chaque cellule de mon corps...j'aimerai le toucher, caresser ses dorures, me lover dans ses bras...

Assise avec mon plaid sur les épaules, je ferme les yeux, j'écoute ce qui ne s'entend pas, j'écoute l'insondable, l'imperceptible vérité de ce que je suis venue chercher ici, j'écoute les battements de mon cœur, lenteur laconique d'une quête éternelle.

A présent je sais, le Géant a parlé, a donné son verdict, le doute s'évapore au cœur de ce temple bouddhiste regorgeant d' amour, Bouddha de ses yeux bleus turquoise me fait un clin d'œil...

C'était un jour d'hiver, je te croyais perdue, tu étais juste affamée, Toi, l'Espoir infinie qui trône au dessus de ma tête comme on veille sur un enfant malade...

Le chemin parfois se complique, les carrefours se multiplient, les panneaux s'habillent en flou, parfois disparaissent, mais la lumière est toujours vivante, celle du fond de notre cœur qui donne un sens à chaque vie...

 

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