Des signes sur la route....
Des signes sur la route....

Je compte le nombre. De chaque pensée déposée. Autant de pierres que de passages ? que de mains tremblantes à l’idée de faire s’effondrer l’édifice… ? que de mots d’espoir inspirés par le souffle court imposé par la raideur de la pente ?

Des clins d’œil curieux de passagers visiteurs, ou peut-être des sorts jettés comme on le fait avec des pièces folles d’espoir…de quel humeur étaient-ils, ceux qui sont venus jusque-là ? lumineuse ? badine ? amoureuse ou nostalgique…laisser une trace, c’est donc cela qui importe !

Moi j’adore les cairns, ils ont tous une histoire, ou plutôt une multitude d’histoires à raconter. Ils ont vu tant de pieds, ont entendu tant de mots, ils sont là, face à l’immensité et portent l’espoir du monde entier.

Parfois même ils nous sauvent de nos étourderies, lorsque le chemin n’est plus le bon, nous soulage de notre route lorsqu’elle devient longue et lassante, sont le recueil de nos vœux et espérances, nos prières et salutations, ils sont le déversoir des âmes aventurières, dépôt de nos inspirations du moment.

Il arrive parfois qu’ils chutent, que leur hauteur leur donne le vertige, et ils s’affaissent, battus par les vents et la pluie, il arrive aussi qu’une main maladroite les mette en péril et achève une croissance prometteuse.

Quelquefois je les aurais aimés plus nombreux, témoins de la ligne à tenir, du bon sens de mes pas, plus cossus, pour que la miette de dedans mes mains puisse s’y poser, plus hauts pour que la vue soit imprenable, hypnotique.

Je les aime tous, de devant ma porte aux confins de l’Himalaya, ils sont le témoin privilégié des chemins qui ne s’arrêtent jamais, des danses manuelles au-delà des races et des âges, ils sont ceux qui nous amènent à un choix, une décision, ils sont le fil d’une histoire que les gens se racontent, marcheurs silencieux, des graviers sous leurs pas.

Je m’en remets à eux lorsque le doute persiste, qu’il picore le gras d’un morceau d’euphorie, je m’en remets à eux en déposant religieusement une pépite sur le toit de l’instant.

Un bout de moi, ici et là, qui flotte dans les airs et qui voyage au gré des vents. Un bout de moi qui m’attend aussi là-bas, un jour surement...

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