Quand l'écran noir s'invite...

Ca a démarré comme ça, avec de la colère

Et tout y est passé, au peigne fin

La colle air, ère, aire,

Ca colle à la peau, ça colle au palais, ca colle aux tripes,

Je ne parviens pas à m’en défaire, acculée, envahie,

Et c’est lourd, cet air, irrespirable,

Quand va-t-il s’envoler, vers d’autres ères, d’autres cieux,

Aire de jeux, jeux volés, empruntés, ils ne sont pas à moi,

Pourtant cette colère m’appartient, mais je n’en veux pas,

Désobéir, lui désobéir, ne plus la ressentir, l’anesthésier,

Qu’elle se taise, qu’elle aille mourir ailleurs que dans mon cœur.

Mauvais air, air triste, fraicheur de l’air, air faux,

Mise à distance, tu te mets à distance, tu disparais,

Des secondes pour toi qui sont des éternités pour moi,

Tu mets pied à terre, je descends à ta place,

Je m’envole vers mes chimères, je me propulse ailleurs,

Ailleurs c’est toujours un peu chez moi…

Puis après il y a eu le doute, la petite fissure, minimaliste,

Puis une abime, insoutenable, interminable,

Le saut dans le vide dura longtemps, des mots suspendus,

De la fragmentation, des fêlures, des pots cassés,

Le poids des questions, le vide des réponses,

Ou plutôt mes pensées qui s’en emparent,

Et le noir qui pointe le bout de son nez…

Je voudrais couper des branches, élaguer, éclaircir,

Alléger ce squelette qui encombre ma vue,

Mais le doute revient à la charge, sûr de lui,

Mes peurs et mes croyances, mes limites et mes sabotages,

Fidèles à mes rendez-vous manqués,

Tout revient d’un bloc, plombage de mes pieds,

Pas l’ombre d’un espoir pour me faire avancer

J’abandonne l’idée de réussir, d’y parvenir, d’aboutir,

J’abandonne l’idée de la joie, de grandir, de l’effort,

Je n’en ferais jamais assez, je ne serais jamais assez,

Le mythe court, le mythe est vivant, immortel,

C’est une étoile qui file et qui revient, sans cesse,

Boomerang insatiable de mes pensées obscures,

Il est intouchable, le noir a peint sur tous mes murs.

Les bras retombent, les bras m’en tombent,

Tant de déconvenues en si peu de temps,

Ce que la tête peut faire comme dégât quand le cœur n’est pas bien attaché,

Attaché, attachement, nous y voilà, au tout départ du début d’une vie.

 

Ca a démarré avec elle, la colère, et ca s’est volatilisé, la peur m’a prise.

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