A toi, Ueli et à tous les autres...

Vendredi soir, je suis dans le TGV qui me ramène à la maison, je feuillète machinalement le magasine l' Equipe, en son cœur, sur une double page, ton nom, Ueli...une magnifique photo de toi, sur un glacier. Je reste hypnotisée, happée, tant de beauté dans ce cliché, de délicatesse ...je n'ai pas compris tout de suite de quoi il s'agissait, lorsque je me mis à lire les quelques lignes qui accompagnaient la photo, mon cœur est tombé, je l'ai senti se décrocher...

Les larmes ont coulé sans que je les retienne, j'ai lu et relu, ta mort, ta chute, j'ai senti la glace à l'intérieur de mon corps, et pour une raison que j'ignore, je pleure encore ta disparation...

Je ne te connaissais pas, Ueli, je n'ai rien suivi de tes fabuleux exploits, mais je sens que cette mort fait particulièrement écho en moi, tout comme celle de Jean Christophe Lafaille, parti bien trop tôt dans des conditions identiques.

Je suis allée sur internet, pour mieux te connaître, éblouie par cette vie de liberté que tu avais choisi, et à haut risque aussi...

Qu'est ce qui fait que ce soir, je me sente si proche de toi ? que les larmes me viennent encore à l'idée de penser à toi ? pourquoi tout ce remue-ménage à l'intérieur de moi ?

Je ne saurais le dire...peut-être envieuse de cette quête absolue de liberté ? émerveillée de tes capacités physiques et morales ? un bout de moi se trouve là-bas, je le sais, je le sens, et ta disparition l'a ravivé, ce petit bout là...

D'ailleurs est-ce toi que je pleure, Ueli, ou le manque viscéral de ce coin du monde ?

Les deux à la fois, certainement, indissociable tristesse qui me ramène très souvent là-bas...

Toi, et tous les autres, avaient payé cher le prix de votre liberté, et de votre amour viscéral pour la montagne...que tu sois Tout la haut aussi heureux que sur le Toit du Monde...

 

 

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