De rouge et de noir...

Je me suis vêtue...de rouge et de noire

Sans même m'en être aperçue, un jour de bleu pâle

Moi qui croyait m'en être débarrassée, à jamais,

Mais s'en débarrasse t'on définitivement...de nos peurs...

De nos fantômes, de nos arrières cours, de nos lambeaux...

Je m'en suis vêtue, de part et d'autre, de haut en bas,

Et j'ai arpenté les rues, les chemins, recouvert mon lit,

Badigeonnée de ce lourd bagage dont le poids ne pèse plus...

A force d'être porté....

Je me suis vétue...de couleurs vives et de couleurs tristes,

Traits hasardeux et imparfaits d'un pinceau pointilleux,

Soucieux des détails, des souvenirs, des maux anciens,

Coups de maitre parfois lorsque la main dérape,

Et coups de traitre lorsque je me perds dans l'inutile...

Je me suis vêtue d'apparats, de fugacité, de trous et de barbelés,

Pour continuer à sentir le mal que ça fait, quand le mal disparaît...

Promenades au bord des précipices, mais le pas est parfait,

Pas de chutes,  point de chute, c'est mon belvédère secret,

Celui qui me comprend, celui qui n'attend rien, réceptacle muet

De tout ce que je lui conte, raconte, confie, impatiente...

Je me suis vêtue de rouge et de noir, pas pu faire autrement,

Mon cœur n'a trouvé que cela en chemin, je ferais mieux demain.

 

 

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