La puissance des mots...

Je laisse filer, je laisse les mots me fuir, s'évader, prendre l'air

Je les laisse gambader, prendre leurs aises, me quitter, m'abandonner,

Je les veux libres, légers, sans frontières, je les veux à la verticale,

Jonchés sur une falaise et à l'horizontale, affalés sur une mer plate,

Dans le désordre et le chaos d'une vie, faire, défaire, refaire,

Plier, froisser, ranger, perdre et retrouver, le sens des mots,

Entre virgules et point virgule, derrière le silence et les trois petits points...

Les mots s'enfuient, se perdent, se délestent du poids des interdits,

Les mots piquent, s'épuisent parfois, inspirés, inspirants, évidés, éventrés,

Lorsqu'ils ne servent plus à rien, que tout est dit, ou quand c'est trop tard,

Que l'émotion est passée, disparue de tous les radars...

Les mots sont beaux, vivent et survivent, plus forts que les heures peureuses,

Qui parfois les rendent muets, les mots se lisent, se disent, touchent,

Luttent, voyagent, là où je les emmène, là où ils veulent aller,

Je m'égare, je vogue avec eux, sans bouée de sauvetage,

Désirés et désirables, j'aime les mots, même ceux que je ne veux pas dire,

J'aime leur silence, leur équivoque, leur sens interdit, leur absence de sens,

Parfois leur impardonnable cruauté, ils font le tour de ma tête,

Le tour de mon monde, en 24 secondes top chrono, je les empile,

Et j'en oublie, je romps le silence lorsque je te les donne,

De poèmes amoureux en discours apeurés, de demandes fragiles

En déclarations affolantes, les mots sont des fenêtres ouvertes,

Sur l'immensités des possibles, parfois aussi des portes closes,

Des couperets cinglants, des têtes qui tombent, des points à la ligne.

Les mots sont mon refuge, l'avant-gout de mes envies, mes voyages intérieurs,

Mes illusions, mes soupirs et mes espoirs, mes quêtes et mes oublis,

Parfois un arrêt, une panne, une petite mort...

Ils filent entre deux silences, entre deux non dits, "trop tard" ou "trop tôt"

Saccagent ou illuminent, creusent les joues ou piquent les yeux,

Ouvrent les cœurs ou font serrer nos poings, attisent la foudre,

Les mots sont des couteaux, cisaillent, percutent, réparent ou entaillent,

A toi les légers, les lumineux, les intimes et les pénétrants,

Pour toi les ténébreux, les aromatiques, puissants et sincères,

Mes mots sont des itinéraires, sans balises, ni prises d'otages,

Des sauves qui peut, des mises à nues et mises à mal,

Des remises de peines et des sauves la vie...

Mes mots, des maux choisis, émaux éparses, abimés des vents

Des tempêtes et du temps qui passe...

Mais sans tes mots sur tes lèvres, sans leur sel sur ma peau,

Sans leur chaleur sur ta bouche, et la vibration de leur son,

Sans les mouvements des lettres qui dansent, m'empoignent et me libèrent,

Sans cette musique littéraire, ce livre au pied de notre chevet,

Sans la douce mélodie de ton cœur, et tes coups de crayons qui parfois s'abandonnent,

Que serait le sens de ton amour pour moi...

Le comble de cet Amour quand les mots me manquent pour te le dire...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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