L'amour étranglé...

Un cordon ombilical qui s'entortille, s'abime, rigidité abyssale,

L'amour ne passera pas.

Un silence abrupte, presque convenu, des yeux qui se croisent

Sans aucun mots murmurés, un ballet incessant de non-dits crucifix...

L'amour ne passe pas.

Puis vint le temps des cours de récréation, leur effervescence, les tourbillons des cris de joie,

Et ma solitude, arc-boutée au fond de moi, faisant l'effet escompté d'un bouclier imprenable.

La stratégie fonctionne à merveille, l'amour reste devant l'armure.

Alors je prends mes jambes à mon cou, je grimpe aux arbres,

Je me démène tel un ange cherchant à séduire toute une assemblée,

Je me fais forte, rapide, insolente, agressive, performante, indocile, 

Les feux de la rampe roucoulent et me bercent de belles illusions,

Que ne ferais-je pas pour une seconde d'un sourire, d'une étreinte, d'une tendresse...

L'amour ne vient pas, l'amour esquive.

Alors je cherche une fissure, une porte d'entrée, un courant d'air qui fixerait l'espoir

D'un aller sans retour. D'un amour installé. Doux et attentif.

Sans attentes ni reproches. Sans tourments ni impatience.

Un amour juste. Simple. Celui dont on ne revient pas car il est à sa place.

J'ai bien eu quelques marques pages qui ont laissé une infinie douceur dans les creux et le vide,

Quelques lignes passionnelles de mots obsessionnels, pour faire comme tout le monde.

Quelques jolies traces de tentatives tardives, avortées et maladroites.

Le coeur s'est tant perdu, épuisé, affamé, qu'il ne livre plus bataille.

Il est ailleurs, au dessus des arbres et des maisons, au dessus des nuages et des routes goudronnées,

Il est là où il est écouté. Compris. Accepté. 

 

 

 

 

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