Revenir...

Voilà. Je reviens chez moi, le coeur en miel, le coeur collant,

Le coeur en vrac car je sais bien ce qui m'attend, celle qui ne m'attend plus,

Celle que je ne verrai plus, de mes yeux en joie, de mes mains tendues...

Je n'ai pas hâte, et c'est bien la première fois, je n'ai pas hâte d'y être.

Chez moi. Cocon évidé de ta présence si précieuse, cocon d'amour 

Sans l'amour. Envolé de tes jolies ailes, un jour d'hiver en plein soleil,

Froid à l'intérieur, froideur des mots que je ne parviens pas à écrire,

Froid sous les draps qui avaient pris l'habitude de te respirer,

Froid dans chaque pièce où rode toujours ton ombre si galante...

Voilà. Je devrai me réjouir de revenir. De cette joie passée que j'aimais ressentir,

Lorsque la porte d'entrée poussée, je cherchais ta présence,

J'enlaçais tes regards pétillants, je mettais ma tête près de la tienne, 

Chavirée par les ronronnements magiques de ta façon bien à toi de m'accueillir chez nous.

Voilà. Un jour peut être. J'y arriverai à revenir sans larmes.

Sans pesanteur, sans amertume, sans douleur, sans maux de tête

Même à sourire aux souvenirs de tes rituels, ceux qui pendant toutes ces années ont rythmé un quotidien si bien rodé.

Voilà. D'ici quelques heures le vide prendra le pas sur tout, l'odeur de ta présence y sera encore, imprégnée du temps passé, temps mort.

J'aime à croire que comme les humains, tu me regardes de haut, là haut,

Tu me snobes, tu me nargues, tu te joues de moi, tu te moques.

Voilà. Ce sera un point à la ligne avec une ligne blanche juste après la ligne;

Une ligne droite. Une pauvre ligne, amaigrie, aucune lettre ne pourra la supporter,

Désertée de toute ponctuation, de tous les mots qui pourraient sangloter ton absence. 

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